03.03.2006
Carte des ouvrages
18:05 Publié dans Accueil | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : carnet de voyage - poésie - roman
Kirghizstan - Ouzbekistan
Dans cette Asie Centrale du Kirghizstan et de l’Ouzbékistan, j’ai goûté aux sentiments du voyageur derrière une lecture particulière : les vestiges d’une utopie.
Le communisme a apporté une modernité improbable et éphémère sur des plateaux sauvages et imprenables. La planification économique et les échanges avec l’Union ont fait pousser des métros à Tachkent, des industries à Bichkek, des administrations, des écoles et des hôpitaux, à la place des Khanats ancestraux. Contre un peu de silence et une entière dépendance.
Toutes les utopies tentent d’exister et finissent un jour par mourir. Celle-ci a duré près d’un siècle. Le temps d’apporter des rêves d’ailleurs, qui disparaissent en quelques saisons ou demeurent en cicatrices éternelles.
Les nomades ont déjà quitté les Kolkhozes au profit des plaines. Mais les villes ne se refont pas en un jour. Les regrets et la nostalgie ne peuvent pas se réconcilier.
Pour voyager à travers le renouveau sauvage et l’empire disparaissant de cette Asie Centrale millénaire, tous les moyens de locomotion peuvent servir. Cette fois-ci j’ai voyagé en poèmes.
--------------------------------------------------------------------------
Aux carnets de voyages
Raconte la Terre,
Raconte la Terre qui n’a pas été,
Qu’un été que l’on espère.
Raconte la pierre que l’on n’a pas taillée,
Sur les failles qui profèrent.
Terre taillée d’une pierre d’été
Qu’on a souillée en l’air,
Puis jetée à la mer.
Raconte la Terre qui n’a pas été.
J’ai pris la Terre en faille,
Jeté la pierre sur la paille,
Rencontré la Terre qui n’a pas été.
--------------------------------------------------------------------------
Aux marionnettes des guichets soviétiques
Le bras du tampon,
Le tampon tombe sur la feuille
En fin de file de silence.
La table des agents de glace
Contemple les papiers souillés.
Le cirque du serpent de foule
Souffre en secondes arrêtées,
Inspire le temps strident,
Expirent les pas si bas.
La fièvre de lenteur meurt
Sur le bras du tampon long.
Un corps de camisole se désole
Et s’envole des horloges frivoles.
--------------------------------------------------------------------------
Aux manœuvres de vitrine, aux prisons liberticidesFausse décadence
Dans la prairie oubliée,
Le mirage est tout à l’heure passé.
Les maisons se déterrent
Et se superposent,
L’eau se jette en tuyaux,
La bougie fond en ampoule,
Le désert se coiffe d’une route,
Les villes se nomment et s’allument,
Les moteurs couvrent le bruit des chiens.
Et…
Une maison grise s’habille de barreaux
Dans la prairie oubliée.
Le mirage s’en est allé aujourd’hui.
Les sandales de misère
Marchent dans les flaques de la modernité perdue
Et la maison grise à tout à l’heure disparu.
--------------------------------------------------------------------------
A la vanité des plans soviétiquesLe clochard en costard
Le pays était prêt pour le bal.
Il était habillé des vertus
Du monde planifié,
Administré. Eduqué.
Le pays était costumé
Pour un bal qu’on n’a jamais donné.
Le pays était costumé
Pour un bal qui s’est fait nuit blanche.
Une nuit blanche et froide,
Une nuit boueuse et sombre,
Une nuit sans abri.
Ce soir le costume est mort
Et se jette dans la nudité du sort.
--------------------------------------------------------------------------
A la lenteur mortifères des douanes d’un autre siècle
Derrière la vitre
J’ai vu ce matin ce qui se cache
Derrière le vitrail du bureau.
Il y a un amas de barricades,
La négation de l’absurde,
La tristesse du sort,
La mort de la création.
J’ai ajouté ce matin ce qui s’entasse
Devant la vitrail sans un mot.
Un crachat entre les yeux mornes,
Une griffure sur tout le corps infâme,
La fougue du débat,
La sueur de la colère,
Un cri.
--------------------------------------------------------------------------
A la révolution Kirghize
Coule la foule
Le numéro un s’est confié aux courtisans,
Le numéro deux a marché sur la foule.
Le traître l’emporte et le paranoïaque reste.
On grimpe dans le capital révolutionnaire
Contre des promesses en ferraille.
L’entreprise de la révolution
Fait l’affaire des négociants.
Les tracts et la télé s’accouplent
Sur une propagande majestueuse.
Les illettrés courent arracher les drapeaux
Et hurler dans la meute.
Quand la multitude court dans la nature,
D’autres commerçants font la même confiture.
--------------------------------------------------------------------------
Au massacre d’une merMer d’Aral,
J’ai marché sur les fonds marins
Sous un soleil lourd de chagrin
Dans des miettes de coquillages
Aux parfums d’anciens sillages.
J’ai vu sur le port des bateaux mourir de sable
En pleurant à jamais une mère ineffable
J’ai vu le sel et la soif de la mer d’Aral,
Dans la poussière aride d’une grande barrière de rocaille.
J’ai vu un vieux fleuve étranglé
Derrière l’estuaire délavé
J’ai su au désert amarré
Qu’il n’y aurait plus qu’une marée.
--------------------------------------------------------------------------
Lorsqu’une ville devient muséeKhiva
Les belles villes disparaissent
Derrière leurs forteresses,
Sous le coup des brigands,
Des nomades, des tyrans.
Ou bien elles se confessent
Leurs lumières du couchant
En jetant leurs promesses
Au musée du mourant.
Oh ! Cités des légendes et des grandes victoires,
Qu’un tremblement de terre vous enfouisse dans l’histoire !
Ne remplissez pas les icônes décolorées
Des villes plates et déshonorées.
--------------------------------------------------------------------------
A leurs yeux persans
Filles d’Orient
Dans les oasis des steppes d’Asie Centrale,
Des céramiques au brillant turquoise
Sont posés dans des hangars rougis par le soir.
Dans leurs reflets j’ai vu des visages de cristal
Aux échos enivrants des yeux turquoises
Posés sur des regards dévêtis par le soir.
J’ai vu les oasis des steppes d’Asie Centrale.
--------------------------------------------------------------------------
A la pensée du retourL’heure d’été
Voyage arrête-toi
Et laisse goûter ce thé sur mes lèvres.
Ne me quitte pas
Et rempli mes yeux de tes histoires.
Ne m’abandonne pas,
Reste encore un peu,
Le temps que j’oublie
Que j’ai été cet homme.
Le temps que j’oublie
Les murs de ma vie,
L’usure de mes couloirs
Et l’heure de mon sommeil.
Ce recueil est également publié sur www.i-voyages.net/Kirghizstan et sur www.i-voyages.net/Ouzbekistan
16:15 Publié dans Poèmes d'Asie Centrale | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Contacter l'auteur
Pour joindre l'auteur, écrivez à info_arthurpoesie@yahoo.fr
Trouver un livre
Si vous souhaitez commander un livre, "La Terre est un Poème" et les "Rimes du Monde" sont accessibles en librairie (Fnac, Decitre,... ou librairies indépendantes) ou sur Internet (Fnac, Alapage, Amazon,...)
01:15 Publié dans Voyages - Contacts | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.03.2006
Poèmes Méditerranéens
Ces 3 poèmes ont été écrits en 2005 et 2006 lors d'escapades Méditerranéennes...
----------------------------------------------------------
Istanbul,
Tu as tenu les voûtes des civilisations
Lorsque leurs murs autour s’écroulaient.
Repose-toi maintenant Byzance,
Tu as rongé trop d'Histoire.
Tu as habillé un Bosphore
Orphelin de ses continents,
Au verger méditerranéen,
Et lorsque Rome s'est renversée,
Tu as protégé les livres et les pierres
Pendant mille ans encore
A l'abri des régiments infanticides
Que tu n’as pas déshérités.
Tu es le pardon
Du viol Vénitien,
Du massacre Ottoman,
Tu as été saccagée par chacun,
Tu gardes les racines évangéliques,
Et les minarets flamboyants,
Les cicatrices invisibles
Des souvenirs mortifères.
Tu es la mémoire
Que les pays ont perdue,
Ils sont venus d’ailleurs,
Et s’effondrent ici,
Un jour ils n'ont pas existé
Demain ils seront abattus.
En innocents dévastés
Ou vainqueurs déchirés.
Tu es la victoire,
Celle que l'on a tant criée
Sur ton ventre écorché,
Ou plantée dans tes oreilles arrachées.
Tu es la victoire que l’on vole,
Pour un seul soir,
Encore une journée de conquête,
Aux lendemains décadents.
Tu es l'éphémère,
Le morceau d'un voyage,
Une escale écarlate,
Un instant de partition,
On te voit, on te croit,
La terre te traverse,
Tu découpes la mer,
Mais quel est ton ciel ?
Tu es la foi,
Le chant qui fait trotter le peuple,
La foi qui s'ignore, qui s'égare,
Qui s'appelle fierté et piété,
Honte ou ignorance,
La foi qui court le monde,
Le construit puis le tue.
Tu es l’illusion.
Tu es la luxure,
Le harem des pulsions,
Le sortilège des séductions.
Tu es l'abus du permis,
La chaleur excessive,
La férocité révélée,
L’assemblement des riens
Et l'ivresse du saccage.
Tu es l'abandon,
Au frère affamé,
A la fille infidèle,
L'abandon aux peurs innocentes,
Aux siècles empirant.
L'abandon des perdants
Aux fourches des Janissaires,
Aux glaives des Croisés.
Tu es les hommes,
Leur gloire et leur puanteur,
Leur sang et leurs larmes,
Les savants et les seigneurs,
Les vaincus, les poilus,
Les bâtisseurs, les rêveurs,
Les histoires, les légendes,
Et si peu de silence.
----------------------------------------------------------
Vallée du Nil,
Qui peut cultiver cette verdure de Nil,
Dans la douceur monotone de l’exil
Des puissantes dépouilles aînées,
Gardiens des millénaires premiers ?
Oh ! Pauvres Pharaons !
Les murs de sable poussent plus vite
Que l’usure des vestiges.
Les tombeaux se sont asséchés,
Les temples ont été effacés
Et les prières remplacées.
La gloire statufiée s’effrite.
Restent les mots et les mains sales
De ceux qui ne meurent jamais
Car ils n’ont pas de pyramide :
Les champs irrigués
Et le vent des ruelles,
Pendant ces petits siècles,
Sont presque restés immobiles.
La respiration de chaque jour
Camoufle les croyances antiques
Et dépoussière la misère increvable.
----------------------------------------------------------
Essaouira,
Ce matin j’ai vu les pêcheurs d’Essaouira.
Ils portent la rouille à la mer
Et rendent leurs filets à la terre.
Ce matin j’ai vu les pêcheurs d’Essaouira.
Traîner le paquebot éraflé
Et brandir la chaire de l’océan.
Ils sont en cirés jaunes,
Aux mains rongées par le sel,
Au dos cassé par les amarres
Et aux yeux sombres de la criée.
Ce soir les charrettes sont parties alourdies,
Des silhouettes jaunes quittent un port de mouettes.
Elles marchent vers la blancheur des murs
Et l’horizon bleu des portes de la vieille ville.
17:00 Publié dans Poèmes Méditerranéens | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Autres liens
Peinture
En couverture des Rimes du Monde,
Gaël Dod, peintre :
http://gael.dod.free.fr
Des livres à découvrir
80 hommes pour changer le monde :
L'histoire de ceux qui changent le monde...
www.80hommes.com
Une nouvelle revue littéraire :
Des œuvres littéraires contemporaines inédites
www.larsenal.org
Les ONG présentes dans les Rimes du Monde
Virlanie Foundation
Gruppo Abele
Dhammanurak
Un voyage original, en rêves et en aventures :
Les rêves plein le monde
Europe & Développement durable, s'informer pour se forger sa propre opinion et donner l'envie d'agir :
www.laurentdelporte.com
Un projet de développement original en Inde :
www.indaix.fr
Le site des carnets de voyage :
Carnets de Voyage
Un site de voyageurs :
I-Voyages
Un chanteur prometteur:
Byga mèle la poésie et l'humour à des rythmes qui font chavirer...
Pour trouver des mp3 en luttant contre la faim:
www.music4help.com est une aventure éthique et musicale originale.
Des sac 100% recyclés:
www.bilum.fr pour un sac pratique, tendance et éclolo.
Secouez vos rêves pour qu'ils se réalisent:
www.dreamshake.com pour consulter, partager et réaliser les rêves, vos rêves...
"Free Tibet":
http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/97.php pour soutenir l'indépendance du Tibet
Voyages autour du monde:
www.voyageautourdumonde.fr avec Sylvain et François
www.tetedechat.com avec Sandro
01:25 Publié dans Voyages - Contacts | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Les Rimes du monde
aux éditions “ Les Lettres du Monde ” (2003)
Les rimes du Monde sont un carnet de voyage en poèmes. Dans ce recueil, les mots racontent avec émerveillement, inquiétude, admiration, révolte ou amour, la route de deux curieux à la rencontre de trois continents.
Cette plume vagabonde traverse l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud, caressant leur culture, leur Histoire, leurs paysages, mais surtout leur principale richesse : les hommes.
Les rimes vacillent ainsi entre les découvertes de ces marcheurs sans chemin et les sentiments de souffrance et d’espoir qu’ils vivent en travaillant pour des initiatives de solidarité : une ONG à Manille, un centre éducatif en Côte d’Ivoire, un orphelinat bouddhiste en Thaïlande.
Ces aventures poétiques sont autant d’occasions de partager des émotions et d’inviter le lecteur au voyage.
Merci au peintre Gaël Dod pour le tableau en couverture.
http://gael.dod.free.fr
01:25 Publié dans Les Rimes du Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
La Terre est un Poème
aux éditions “ Les Lettres du Monde ” (2006)

"La terre est un poème" est le voyage initiatique de deux amis d’enfance, Oscar et Abel. Leur discussion est l’écho de notre schizophrénie : le premier est un idéaliste désespéré, l’autre un pragmatique satisfait. Leurs disputes reflètent la dualité de nos désirs : peut-on réconcilier notre soif de rêve et notre poursuite de bien-être ?
Leur dialogue enflammé se déroule sur un mode original : la poésie pour Oscar, la prose pour Abel.
Cette longue discussion entraîne nos deux compères à travers le monde et les fait quitter Paris pour découvrir Cuba, l’Europe de l’Est, le Cachemire…
Bercé par le voyage, le lecteur se laisse emporter par des thèmes de notre société : l’amour, le travail, l’amitié et la nostalgie.
Merci au peintre ukrainien S. Posudevsky pour le tableau en couverture.
01:15 Publié dans La Terre est un Poème | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note





